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Les zones côtières marocaines, constituent pour le pays un enjeu socio-économique et environnemental important à cause de leur fragilité intrinsèque, leur utilisation par différents secteurs d’activité, et par leur exposition aux risques inhérents à l’augmentation du niveau de la mer et aux autres risques associés au changement climatique. Elles présentent des valeurs écologiques et socioéconomiques importantes et constituent aussi un espace dans lequel siègent les principales agglomérations, infrastructures et activités économiques du pays. Mais cet espace est géré par des politiques étatiques sectorielles dans des domaines tels que le tourisme, l’environnement, les transports, etc. Souvent la mise en œuvre de ces politiques lui est d’ailleurs très peu profitable.

La population du Maroc est fortement concentrée dans les zones côtières et les plaines du pays. Elle est également fortement urbanisée avec 56% vivant dans les villes lesquelles sont principalement situées le long de la côte. Cette concentration de personnes s’explique par la nature du climat et également par un long littoral de 3.500 km dont 500 km en bordure de la mer Méditerranée. L’économie du pays dépend donc des zones côtières et des écosystèmes qui leur sont associés qui ont un fort potentiel de production alimentaire, et d’emplois générés par le tourisme, l’agriculture,  la pêche et d’autres activités basées sur les ressources naturelles.

L’importance des zones côtières dans l’économie marocaine et l’augmentation associée de la densité de population et l’urbanisation de ces zones ont eu un impact sur l’environnement. Et cet impact a le potentiel d’accroître sensiblement les conflits liés à l’utilisation des ressources naturelles à l’avenir. A titre d’exemple, l’extraction de sable utilisé dans les matériaux de construction des infrastructures urbaines et l’élimination des eaux usées et des déchets solides sont devenus un problème environnemental majeur le long des côtes. De plus, les utilisations conflictuelles des ressources naturelles sur les côtes ont entraîné la salinisation des nappes aquifères, des problèmes d’approvisionnement en ressources naturelles,  une perte de la biodiversité et des zones écologiquement sensibles.

Le littoral marocain n’est pas dépourvu de réglementation mais il est couvert d’une manière explicite ou implicite par une pluralité de textes dont certains sont très anciens et d’autres plus récents. La législation existante, en dehors de la réglementation concernant l’utilisation du Domaine public et celle de la protection des milieux naturels, n’était pas adaptée et se caractérisait par l’absence de principes et règlements applicables au domaine côtier de manière spécifique. Avec l’adoption de la Loi du  Littoral, un cadre législatif pour  la réglementation de la planification littorale est mise en place, mais une base normative composée de textes sectoriels adaptés reste nécessaire.

Une législation adaptée et une participation efficace et responsable des différentes parties prenantes peuvent améliorer la manière d’administrer et de gérer le littoral.  Ceci  ne pourra se faire que dans une optique de Gestion Intégrée des Zones côtières (GIZC) afin de concilier entre les enjeux et intérêts potentiellement divergents et d’atténuer les contraintes qui exacerbent la vulnérabilité des différents secteurs d’activité. Le littoral constitue un écosystème dont les différents éléments sont interdépendants, d’où la nécessité de mettre en œuvre une politique de GIZC, se basant sur la pluridisciplinaire, la participation des parties prenantes et l’intégration des politiques sectorielles. La GIZC est donc un processus dynamique concernant à la fois la planification et la gestion des ressources et de l’espace côtier, et vise à rapprocher les diverses politiques sectorielles ayant une incidence sur ce milieu.

En ce qui concerne le cadre institutionnel de gestion du littoral, force est de constater une dispersion des responsabilités entre plusieurs administrations publiques, organismes semi-publics et institutions spécialisées sur les missions de coordination, gestion, sensibilisation, suivi, contrôle, consultation, information et formation. L’insuffisance des mécanismes de coordination, la prédominance de la vision et de la gestion sectorielles, la faiblesse de l’arsenal juridique et des mesures d’incitations, de sensibilisation et d’éducation sont autant de facteurs qui compliquent cette situation.

Dans le cadre  de la convention de Barcelone sur la protection du milieu marin et du littoral de la Méditerranée, le Maroc a manifesté un intérêt certain dans le domaine de la gestion intégrée du littoral de sa façade maritime méditerranéenne. Il a entamé la procédure de ratification du protocole de Madrid sur la Gestion Intégrée des zones côtières de la Méditerranée, considéré comme le premier texte international contraignant spécifiquement dédié à la GIZC, et  a également favorisé le développement de projets en la matière. L’apport de ce protocole, signé par le Maroc le 21 janvier 2008 à Madrid, consiste en la promotion d’une approche qui permettra d’encadrer les projets de gestion intégrée du littoral mieux ajustés aux réalités du terrain.

Antécédents de la GIZC dans le Littoral Méditerranéen Orientale (LMO)

Grâce à sa position stratégique et ses richesses naturelles, la côte méditerranéenne du Maroc a, par conséquent, depuis longtemps été considérée  par le gouvernement marocain comme une cible de développement futur prioritaire. Depuis 1999, une série d’initiatives côtières et de programmes d’importance nationale ont été lancés, y compris l’Initiative du Gouvernement pour le développement de la région de l’Oriental (2003) et le programme de développement de la lagune de Nador (2008). La région de l’Oriental est ainsi considérée comme un moteur de développement trans-sectoriel pour le Maroc

Le Littoral Méditerranéen Oriental (LMO), au même titre que de nombreux tronçons sur le littoral marocain long de plus de 3500 km, connait un certain nombre d’enjeux environnementaux et socioéconomiques. Les enjeux majeurs identifiés au niveau du LMO sont la dégradation de la qualité des eaux ;  la faible gestion des déchets solides et des décharges publiques ; le risque d’inondation ; le risque d’érosion des plages et du sol ; la menace sur la biodiversité, la diminution du stock halieutique ; la déforestation et le risque d’incendies forestiers ; la vulnérabilité aux impacts du changement climatique dont l’impact sur l’agriculture et la pêche (diminution des rendements), l’attractivité touristique (vagues de chaleur, raréfaction de l’eau), les zones côtières et les infrastructures (expositions importantes à l’action des vagues, tempêtes côtières et autres évènements météorologiques extrêmes, réduction du volume des nappes phréatiques d’eau douce, intrusion d’eau marine dans les aquifères), la santé humaine (vagues de chaleur), etc.

Les écosystèmes côtiers le long de la lagune de Nador et de l’estuaire du fleuve Moulouya sont exposés à une pression particulière due au développement économique et à l’érosion côtière, et les impacts y sont plus généralement ressentis en raison de la nature sensible de l’environnement et des zones d’importance pour la biodiversité au niveau internationale. Il y a 3 sites Ramsar dans ces régions. Les sites Ramsar sont des zones humides d’importance internationale ; il s’agit de la lagune de Nador, du cap des Trois Fourches et de l’estuaire du fleuve Moulouya.

Le développement du tourisme est mû par les objectifs ambitieux du Plan Azur, et de la Stratégie touristique « Vision 2020 », les activités de pêche sont développées et encouragées par le Département de la Pêche maritime du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, le développement côtier est promu  par les municipalités, mais l’impact de chaque activité n’est pas nécessairement connu ou compris par les décideurs qui défendent les autres secteurs.

En dépit du fait que cet espace soit géré par de nombreuses politiques d’organismes sectoriels publics, la mise en œuvre de ces politiques – indépendantes les unes des autres – n’est souvent pas très efficace et parfois conflictuel. Une approche de gestion intégrée dans laquelle tous les secteurs gouvernementaux coopèrent, de manière transparente et centralisée, avec les habitants des zones côtières et les autres parties prenantes s’avère donc nécessaire.

Le premier projet relatif à la gestion du littoral sur la façade méditerranéenne marocaine a été lancé au début de l’année 2000, et il s’agit du projet MedWetCoast (2001-2006) relatif à la protection des écosystèmes côtiers et des zones humides sur le littoral méditerranéen oriental (LMO), en mettant en place, entre autres,  une ‘cellule du littoral’ au niveau national.

Le projet METAP s’est intéressé en 2006 à la quantification du cout de dégradation de l’environnement littoral de la zone incluant la lagune de Nador et son pourtour. Deux projets SMAP III (2007-2009) furent développés sur le LMO, et sont  le  Plan d’Action de Kala-Moulouya relatif au littoral Saïdia, contenant le site de l’embouchure de la Moulouya, et le projet CAP NADOR relatif à la gestion intégrée du littoral de la province de Nador.  Ces projets se sont appuyés sur la concertation et la participation des parties prenantes avant et pendant leur mise en œuvre, ce qui a constitué un préalable à leur efficacité.

Les projets SMAPIII ont abouti à l’élaboration des Plans d’Action de GIZC et à la mise en place d’organes informels, dépourvus d’assise juridique-institutionnelle, que sont les ‘Cellules de littoral’ au niveau des deux provinces, Berkane et Nador pour veiller à la mise en œuvre de ces Plans sous l’autorité des gouverneurs des Provinces concernées.  Ainsi, les véritables porteurs du projet resteraient les parties prenantes (représentants ministériels, collectivités locales, ONG, population locale, acteurs économiques, etc.) qui font partie de ces « Cellules » et qui en principe devraient contribuer à la gestion et la planification littorale.

Les impacts sur le littoral et les ressources côtières qui devraient augmenter en raison des changements climatiques risquent d’aggraver les conflits d’usages liés aux ressources naturelles, la perte de biodiversité, la viabilité des infrastructures, les frais d’entretien des infrastructures et les moyens de subsistance des habitants des zones côtières. Il importe de noter que le changement climatique n’a pas été pris en considération par les projets SMAPIII lors de l’élaboration des Plans d’action GIZC. C’est la raison pour laquelle, le projet ACCMA (2007-2010) a visé à combler cette lacune en intégrant les considérations du changement climatique dans ces Plans d’Action. Pour ce faire, une analyse de la vulnérabilité des sites retenus par ces plans a été effectuée dans le cadre de ce projet et des modifications et actualisation des certaines actions des Plans GIZC ont été proposées selon une démarche participative et partenariale avec les parties prenantes.

Les mesures d’adaptation proposées par le projet ACCMA, suite à une analyse des risques et expositions et aussi suite à une concertation intensive avec les parties prenantes, concernent les secteurs les plus vulnérables aux changements climatiques dans la zone. Ces mesures visent à atténuer les impacts potentiels qui seraient provoqués par les changements climatiques (à travers les inondations, l’érosion, l’élévation du niveau de la mer, les sécheresses…) sur les écosystèmes naturels, l’agriculture, la pêche, les ressources hydriques, le tourisme et le secteur de l’eau.

Les résultats du projet ACCMA, fruits d’un travail collaboratif, interdisciplinaire et pluri-institutionnel, ont conclu sur l’analyse de l’évolution récente des paramètres climatiques et des projections futures pour la région Driouch-Nador-Berkane, l’évaluation de la vulnérabilité globale (Vulnérabilités sociale, économique et biophysique) des différents secteurs d’activité, les  impacts des changements climatiques sur les milieux biophysiques et socioéconomiques dans les sites pilotes étudiés, les meures d’adaptation découlant de l’analyse des vulnérabilités sectorielles et des concertations avec les parties prenantes, etc.

Cette plate-forme de connaissances caractérisée par le développement de nombreux outils d’aide à la décision (gestion des risques) a été sanctionnée, après révision des plans d’action SMAPIII, par l’élaboration de quatre (4) Plans d’Action adaptés aux principales incidences des changements climatiques et à l’élévation du niveau de la mer; en l’occurrence pour le site de la lagune de Nador, les site de la commune rurale de Béni Chiker, le site de la Commune rurale de Boudinar, et la frange littorale Saïdia-Ras El Ma. Le  Projet GIZC dans la Région de l’Oriental a été conçu afin de mettre en œuvre certaines actions identifiées et portées sur les Plans d’Action GIZC élaborées d’une manière concertée.

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